Serge Camguilhem VICE PRESIDENT DE LA CHAMBRE PROFESSIONNELLE DU CONSEIL PAYS-BASQUE

Interview de Serge CAMGUILHEM

Nouveau vic-président de la Chambre Professionnelle du Conseil Grand Sud-Ouest

Délégué de la CPC Pays Basque

Vous intervenez pour conseiller et accompagner les  TPE et PME de notre département. Avec votre vision d’intervenant extérieur, quel regard portez-vous sur les patrons de nos entreprises Landaises ?

Les dirigeants de TPE PME ressentent fortement la complexité accrue de l’environnement économique et concurrentiel qui nous impacte. Ils s‘interrogent  alors sur  les moyens de  maintenir ou de développer leur activité avec un questionnement récurrent :

– Ai-je en interne toutes les ressources et les compétences me permettant de faire face ?

–  Ma vision des choses est-elle la bonne ?

Malgré un environnement économique difficile et un manque de visibilité certains notre territoire reste encore un peu protégé et les pouvoirs publics mettent en place de nombreux  mécanismes de soutien. Parmi les outils je pense bien sûr à la mise en place d’un diagnostic sans concession de son activité ; un pré-requis utile et nécessaire pour définir les moyens à rechercher ou à mettre en œuvre pour assurer la pérennité de son activité.

Les cycles de marché sont de plus en plus cours. En tant que chef d’entreprise, et quelque soit la taille de nos structures, nous devons nous positionner dans une optique d’anticipation et non plus de réaction à un changement de marché.

Quels diagnostics doivent faire les dirigeants de  PME et pourquoi faire appel à des compétences externes comme celle d’un consultant ?

Le chef d’entreprise est par nature une compétence multi-métiers et il n’a pas d’autres choix que de l’être.

Les dirigeants doivent, dans une posture de prise de recul qui est souvent difficile à adopter en situation de crise, analyser leur  entreprise avec regard neutre. Cela ouvre ensuite  la possibilité de concevoir des solutions raisonnées et raisonnables adaptées à la situation humaine, structurelle et, comme nous le constatons souvent, organisationnelle.

Prenons un exemple malheureusement aussi conjoncturel que récurrent : le besoin de trésorerie à court terme.  Une trésorerie tendue est souvent le symptôme de difficultés en amont : pression de concurrent et/ou nouveaux arrivants sur le marché, érosion de la marge, allongement des délais de décision ou de règlements, augmentation du prix de revient…  Sans analyse des causes, le mécanisme ayant entrainé cette tension passagère serait difficile à comprendre et insuffisant pour assurer une solution pérenne. De même, les solutions à apporter seront différenciées selon les causes et leur étalement dans le temps ne sera pas le même.

Faire appel à une aide extérieure, dont c’est le métier au quotidien,  c’est disposer d’un moyen neutre et bienveillant de faire un diagnostic de son entreprise sur différentes questions essentielles à son développement, prendre conscience de ses forces et leviers de performance pour trouver ensuite les moyens d’y faire face. Cela permet également d’échanger de manière rationnelle sur la pertinence des solutions envisagées, leurs viabilités et les conséquences induites à court et moyen terme (projection de l’activité)

Qu’il s’agisse de réduire des incertitudes, de donner une nouvelle impulsion à des activités atones, de rechercher ou de conquérir de nouveaux marchés, de résoudre un problème spécifique de l’entreprise (développement commercial, marketing, ressources humaines, management, production, qualité, logistique, communication, environnement…), le consultant, aux côtés du chef d’entreprise, est là pour étudier, analyser, anticiper et surmonter les difficultés afin d’améliorer les performances de son client.

Un sondage, administré auprès de 250 chefs d’entreprise aquitains, a mis récemment en avant des besoins de fond dans ce domaine :

  • 75% des chefs d’entreprise affirment ne pas disposer en interne de toutes les compétences nécessaires. Ce constat est encore plus vrai pour nos entreprises locales du Pays-Basque, Béarn et Soule.
  • 33% des chefs d’entreprise estiment que faire appel à une expertise extérieure de temps en temps est une décision de gestion tout à fait normale.
  • 95% d’entre eux soulignent que le regard neuf et extérieur d’un Conseil est un atout essentiel pour les aider et les accompagner dans le développement de leur entreprise

On comprend ici tout l’enjeu de choisir le bon intervenant !

Il doit :

  • disposer de compétences validées et d’expériences reconnues sur les thèmes pour lesquels le dirigeant à besoin de conseil
  • être engagé dans un processus de qualité et de méthode notamment par l’adhésion à une charte éthique et disposer d’une Assurance Responsabilité Civile (obligatoire au sein de la Chambre professionnelle du Conseil)
  • exercer une activité professionnelle reconnue et rémunérée. C’est un professionnel dont l’activité de conseil et d’accompagnement est son métier au quotidien.

Comment le conseil peut agir avec les dirigeants de PME et surtout autour de quels sujets ?

Le diagnostic est un point de départ. Une cartographie de l’entreprise au moment T.

Le dirigeant va pourvoir  identifier immédiatement les axes de progrès (et freins potentiels) puis construire en confiance avec des conseils et les actions concrètes et sur-mesure à mettre en œuvre.

Celles-ci peuvent interagir sur de nombreux plans : l’humain, l’organisation et la structure.

Cette notion de co-construction est essentielle dans la mesure où l’investissement conjoint et simultané du dirigeant et du consultant est le gage de la réussite du projet. Le conseil devra veiller à identifier les alternatives offertes au dirigeant afin que celui-ci puisse arbitrer en toute connaissance de cause en ayant tous les éléments nécessaires à sa décision finale.

Notre forte expérience nous montre que  la réussite de cette démarche sera pérennisée par l’acquisition par le dirigeant de compétences additionnelles (formation) et d’un mode de fonctionnement intégrant la globalité des fonctions de l’entreprise.

Les thématiques sur lesquelles sont susceptibles d’intervenir les experts de la CPC sont variées et spécifiques à chacune des entreprises.

  • La fabrication : Innovation, R&D, méthodes, production, gestion du système d’Information…
  • L’équipe : recrutement, mobilisation autour d’un projet, GPEC, résolution de conflits…
  • Le développement commercial : produits, prix, marché,  pertinence de l’offre, marketing/communication, segmentation de clientèle, repositionnement d’activité…
  • La prévention des risques : qualité, sécurité, normalisation, risques psycho-sociaux…
  • La gestion : optimisation, développement de la rentabilité, contrôle de gestion, suivi de trésorerie, accompagnement bancaire, mise en place de tableaux de bords…
  • La stratégie et finances d’entreprise : vision à terme, transmission/acquisition, financements, subventions, développement durable…

Mais reconnaissez qu’il n’est pas facile de faire confiance à une personne extérieure à sa société. Et  pour un dirigeant d’identifier les compétences ou de reconnaître un « bon » d’un consultant qui ne fait que lui rappeler ce qu’il sait déjà ?

Merci d’aborder cette question qui me touche et nous préoccupe à la Chambre Professionnelle du Conseil. Mon élection en tant que délégué est toute dirigée dans ce sens, celui de la professionnalisation du métier de conseil en entreprise.

C’est en effet une difficulté de notre métier qui n’est pas réglementé et surtout pour lequel nous n’avons pas encore dans nos entreprises une vraie culture de conseil.

Savez-vous que dans les PME Anglaises, Allemandes ou Scandinaves l’intégration d’un expert se fait dés le début du projet : lancement d’un nouveau produit/service, modification du process interne, nouvelle orientation commerciale, choix d’un nouveau partenaire… ? Un œil extérieur jugé indispensable avant une décision importante qui mobilise l’entreprise.

Alors oui, comment être performant sur tous les métiers et compétences que doit assumer le dirigeant ? Par de là comment lui permettre de prendre la bonne décision, au bon moment, la sécuriser et l’inscrire dans une projection stratégique de son activité ? Le challenge est presque impossible à réaliser pour une PME qui ne dispose pas de la structure nécessaire.

Alors oui il faut trouver le bon expert.

C’est pourquoi la Chambre Professionnelle du Conseil Grand Sud-Ouest (CPC GSO), unique syndicat professionnel de la filière, reconnu et soutenu par le Ministère de l’Économie et des Finances, s’est engagée depuis plusieurs années dans la professionnalisation de ses membres. Cette professionnalisation est la garantie de réussite de la mission confiée et de la pleine satisfaction du chef d’entreprise.

Nos engagements sont clairs :

  • Tous nos membres sont des professionnels confirmés du conseil du secteur marchand jouissant d’une forte expertise dans leur domaine d’action. Ils ont une expérience de travail auprès des organismes publics et parapublics dont ils respectent les méthodes et les obligations.
  • Tous les membres offrent une structure professionnelle sous forme de société de droit français.
  • Chaque membre, après avoir été invité à quelques réunions mensuelles  de la Chambre du pays-Basque, présente un dossier d’adhésion particulièrement complet  avec la cooptation d’un ou deux confrères déjà membres de la chambre du Conseil. La validation de l’adhésion est étudiée et votée à la majorité du Conseil d’Administration.
  • Chaque membre s’engage formellement sur les obligations professionnelles légiférant la profession de conseil.
  • Chaque membre signe et respecte la Charte Professionnelle du Conseil ainsi qu’un code de bonnes pratiques des missions qu’il engage.

On notera par ailleurs que chaque membre de la CPC Pays-Basque est une femme ou un homme de réseaux ayant un ancrage affectif, familial et économique fort sur sa région.

La garantie de résultat n’est pas toujours applicable à toutes les missions, et chaque consultant s’engage sur sa propre garantie et sur une obligation de moyens propre à notre métier. Cependant, le consultant auquel vous ferez confiance  respecte les quatre temps forts d’une démarche conseil et présente les bases de solides garanties. C’est pourquoi la CPC GSO forme régulièrement ses membres sur la méthodologie de conduite d’une mission. Ici au Pays-Basque, tous les cabinets de conseil de nos membres sont d’ailleurs en ce moment en cours d’audit de performance via un logiciel spécialement développé pour notre métier (SOCRATE).

La Chambre Professionnelle dispose bien sur d’outils à destination des entreprises afin des les aider à préparer la mission (Guide du Cahier des Charges, Appel à Compétences,…) ou à effectuer un pré-diagnostic gratuit (Pros-Per : Prospective des Pérennité des PME).

La capacité à échanger et à travailler ensemble dans une synergie de compétences est le meilleur gage de la réussite des missions complexes que les dirigeants de PME leur confient.

Souhaitez -vous rajouter autre chose ?

Oui, simplement rappeler que, dans toute mission de conseil avec le chef d’entreprise nous sommes dans une relation humaine forte, faite d’engagements et de confiance mutuelle sans quoi rien ne serait possible et durable.

Pour reprendre un adage qui me tient à cœur : « Il n’y a de valeurs que d’hommes ».

Je crois que nous faisons un métier passionnant !

Retrouvez-nous sur le site de la CPC Grand Sud-Ouest :

www.chambre-professionnelle-du-conseil.org

Sur le groupe d’échanges Pays-Basque du réseau social VIADEO

5 Comments
  • Legendre
    Posted at 08:25h, 15 octobre Répondre

    Bravo pour votre nomination Mr Canguilhem !

    • serge
      Posted at 20:11h, 22 octobre Répondre

      Merci ! J’espère modestement contribuer à la montée en compétences et développement des meilleures pratiques des consultants du groupe dont j’ai la responsabilité.

      Nous sommes une solide équipe de consultants pluridisciplinaires qui ne demande qu’à être conseillée, accompagnée et doit se développer pour être encore plus forte.

      Nous œuvrons toutes et tous dans ce sens.

      Bonne semaine.

      Serge CPC Pays-Basque

  • Pradart Nicolas
    Posted at 07:53h, 04 décembre Répondre

    Félicitation !
    Nos entreprises ont besoin d’être bien accompagnées surtout en cette période difficile et nous avons besoin de soutien.
    Je souhaiterais m’entretenir avec vous d’un projet de développement.
    Pourriez-vous me contacter par mon adresse mail svp ?
    Cordialement.
    N. Pradart

  • Patrick Latapie
    Posted at 07:58h, 18 avril Répondre

    Bel article !

    J’ai été peu disponible ces dernières semaines mais je vous dis à très bientôt pour ‘lune de vos prochaines réunions de la chambre du conseil. Le théme de la professionnalisation du conseil et les formation que vous avez programmées sont trés intéressantes.

    Patrick Latapie

  • Stéphanie Couralet
    Posted at 14:18h, 22 avril Répondre

    Bonjour Mr Camguilem,
    Je suis vosactionsau sein de la cpc et je constate que leschoses bougent beaucoup. Je ne m’étais pas inscrite car le « projet » pour les consultants ne ne semblait pas clair. Je révise peu à peu ma copie…

    Pouvons-nous assister à une réunion sans être membre ?

    Cordialement
    Stéphanie Couralet

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