FRANCHISE : faire un copier-coller d’activité a-t-il du sens ?

Pouvons-nous parler de copier-coller quand on parle de développement d’activité en franchise ?

On a tendance à penser à priori que développer une activité en franchise c’est : un concept, un recueil de savoir-faire et de procédures et une duplication du modèle en fonction des opportunités d’arrivé de postulants. Alors que certaines franchises sont plutôt bordés voire dirigistes, certaines enseignes laissent à leurs franchisés plus de  latitude pour prendre en compte les spécificités du marché local. Aussi la question se pose en tant que franchisé ou franchiseur : comment trouver le bon équilibre entre standardisation et adaptation ?

Par définition la franchise repose sur un modèle et donc des procédures qui entraine de facto une certaine standardisation. Le client doit retrouver les mêmes produits, les mêmes services, la même image et la même qualité quel que soit les établissements de l’enseigne dans lequel il se rend. C’est ce qui permet d’assurer une solidité de l’enseigne et la cohérence de l’image de marque que l’enseigne projeté sur son marché.

Pourtant, on commence à voir de plus en plus de franchises qui adaptent leur offre aux spécificités locales, pour répondre aux demandes des clients eux-mêmes. J’ai eu l’occasion de le constater lors de l’accompagnement de 3 magasins en création de franchise pour une grande enseigne bio. L’étude micro-environnementale et micro-économique étant confiée à un cabinet local. En l’occurence, le cabinet Alteem.

Le franchiseur a souhaité ainsi que son modèle soit ajusté aux habitudes de consommation, comportement d’achat et spécificités locales du marché des premiers franchisés pilotes. Quand on sait leur poids dans l’acquisition de nouveau franchisé (étude de leur CA, du développement commercial de leur activité, de la plateforme de clientèle…) on comprend combien l’approche locale et l’ajustement du modèle de franchise est essentiel.

En tant que franchiseur ou futur franchiseur, vous vous demandez peut-être comment organiser cette adaptation pour qu’elle ne remette pas en cause les fondements de votre savoir-faire. Voici quelques notions-clés à intégrer avant de vous lancer.

Pour être forte, votre franchise se doit de reposer sur un concept duplicable et unique

Si le modèle de la franchise fonctionne, c’est qu’il repose sur la transmission du savoir-faire et des valeurs portée par la marque ou l’enseigne.Transmission d’une réussite, celle du premier point de vente pilote, à d’autres points de vente franchisés. Transmissiond’une expérience, celle du créateur du concept, à d’autres entrepreneurs indépendants qui souhaitent s’associer à l’aventure. Transmission d’une méthode de travail ayant fait ses preuves. La valeur de l’expérience permettant d’aller à l’essentiel.

Cette transmission implique la formalisation d’un savoir-faire unique qui recense tous les fondamentaux à respecter pour que la recette fonctionne. Le savoir-faire est un élément-clé de la franchise. Il doit conférer un avantage substantiel et concurrentiel, être identifié et précisément décrit dans un manuel opératoire (la  » Bible « ) par les professionnels de la franchise.

Le franchisé doit appliquer le savoir-faire défini par la tête de réseau

C’est l’unicité du concept en tous points du réseau qui fait la force de la franchise. Le franchisé qui choisit de rejoindre un réseau s’engage à en respecter le contenu. Et tout le contenu. C’est ce qui fait la force de la franchise et son contrôle pour le franchisé. Il doit se conformer aux directives définies par la tête de réseau. Il le fait d’autant plus volontiers qu’il sait qu’elles mènent au succès et qu’il a acheté cette méthode (…)

C’est le rôle de l’animateur de réseau de vérifier que les fondamentaux sont respectés

C’est essentiel. Un animateur du réseau est le garant des atouts du concept. En adhérant au réseau, les franchisés achètent un concept qui marche. Il va s’assurer qu’ils appliquent correctement le concept afin de les aider à en tirer le maximum d’efficacité et de profit.

Le réseau a tout intérêt à s’adapter au contexte local

Le comportement des consommateurs évolue tant dans ses envies que ses modes d’achat. Le parcours client a une conséquence directe sur l’achat. Le client souhaite vivre des expériences uniques, retrouver de la proximité avec leurs commerçants et leur territoire. On n’a jamais autant parlé de circuits cours, d’authenticité et de valeur de marque.

Les franchises prennent de plus en plusconscience de cette tendance de fond et cherchent à ajouter des produits locaux à l’offre standard. Comme a su le faire il y a quelques années déjà Lidl ou d’autres marques de distribution.

Le rapport de recherche de la Fédération française de la franchise, présenté lors des Entretiens de la franchise de novembre 2018, (Adaptation versus uniformité des savoir-faire dans les réseaux de franchise, 2017-2018) montre ainsi que 36% des franchiseurs soutiennent l’adaptation des savoir-faire au niveau local. Et le chiffre me semble être bien en dessous de la réalité (…)

Les franchisés eux-mêmes ont intérêt à personnaliser leur offre, pour mettre en valeur leur créativité, leur passion et accroître leur ancrage dans la communauté locale.

Le franchiseur doit contrôler son réseau pour garder la maîtrise du concept

Les réseaux ont donc intérêt à stimuler une certaine créativité chez leurs franchisés dans l’adaptation du concept aux spécificités locales, tout en contrôlant qu’ils restent bien dans le savoir-faire de la marque.

L’animateur de réseau doit veiller à cet équilibre. Il est la courroie de transmission entre la tête de réseau et le terrain. L’équipe de chercheurs citée plus haut indique que les adaptations locales peuvent se faire en lien avec le contrôle, à condition que le réseau ait une culture du dialogue et de l’échange collaboratif.

Les visites de l’animateur doivent donc viser à encourager le partage d’idées et d’expériences, tout en rappelant les limites à ne pas dépasser. Et bien sur remonter ces informations à la tête de réseau pour faire de la veille sur les méthodes et faire évoluer le concept pour rester collé au plus juste au marché global et aux habitudes locales.

No Comments

Post A Comment

SE RENCONTRER, ECHANGER

Siège social
8, Domaine des Jardins du Frat
40510 Seignosse
(Sur rendez-vous uniquement)

Bureau du Pays-Basque
1, Av. de la Reine Nathalie
64200 Biarritz
(Sur rendez-vous uniquement)

06 71 90 87 43

Suivre les actualités du cabinet Alteem