LE PAYS-BASQUE : une exception économique ?

 

Nous en parlions vendredi lors de notre réunion mensuelle de la CPC Pays-Basque. Tout ne va pas si mal que cela pour nos entreprises Basques !

Le Figaro s’en fait l’Echo (je sais le jeu de mots est facile)

Un solde d’exportation positif et un système fiscal avantageux ont permis de retarder les effets de la récession qui touchent gravement le reste de l’Espagne.

Bilbao est une ville entourée de montagnes. Dans certains quartiers, le relief est si prononcé qu’il faut une bonne condition physique pour y accéder à pied. Qu’à cela ne tienne: les habitants économisent leurs mollets grâce à des escalators installés en pleine rue. En 2010, le maire plaisantait même : «On nous demande des escalators comme si c’était des petits pains. Mais ils sont très chers, nous devons être sélectifs!»

En Euskadi, les aides au logement, les bourses d’étude et le RMI régional sont plus généreux qu’ailleurs. Le Pays basque dépense 773 euros par an et par habitant en prestations sociales, un record national. Le taux de chômage (entre 12 % et 15 %, selon les indicateurs) est le plus bas du pays, il représente la moitié de la moyenne espagnole qui se situe rappelons-le dans les 25% de la population active ! Quant au PIB, il s’est établi à 31.288 euros par habitant en 2011, le niveau le plus élevé du pays.

Dans cette Espagne économiquement déprimée, existerait-il une oasis basque?

Le modèle industriel présente en tout cas des spécificités. L’industrie a plus de poids au Pays basque et se sauve grâce aux exportations. On pense bien sûr à Mondragon, fer de lance de cette économie dont le modèle participatif est un autre rempart contre la crise.

Le secteur de la construction, en revanche, reste bien en retrait avec 10 % du PIB au lieu de 15 % et les conséquences sont de tout premier ordre quand on sait que l’Espagne a misé fortement ces dernières années sur ce secteur créateur d’emplois. Or, la moitié des 3 millions de chômeurs additionnels en Espagne, ceux dus à la crise, s’explique justement par l’effondrement de la mise en construction. Il suffit de se rendre à San Sebastian pour constater une entrée de ville encore partiellement en friche immobilière…

Des alternatives à l’austérité

Du côté du gouvernement sortant on en retire une fierté toute méritée. Pour la conseillère régionale de l’Éducation, «nous avons défendu des alternatives à l’austérité à tout va. Alors qu’en Espagne l’investissement dans la recherche a baissé de 25 %, nous, nous l’avons augmenté de 37 %. En établissant des priorités, nous avons réussi à ne pas réduire les dépenses dans la santé et dans l’éducation.»

Un avantage considérable, tout de même, aide les responsables publics à tenir les comptes sans trop manier les ciseaux: le système fiscal en vigueur, une exception au régime général. En Euskadi et en Navarre, ce sont les régions qui collectent l’impôt avant de verser à l’État une quantité, le cupo («quote-part»), correspondant aux services prêtés par l’administration centrale. Le système, selon tous les analystes consultés, joue à l’avantage du Pays basque.

La dette publique, elle, a été multipliée par huit depuis 2009, de 1 % à 8 % du PIB régional. Le gouvernement issu des urnes devrait donc avoir moins de marge de manœuvre et l’on imagine un budget bien raboté pour 2013…

Au-delà de ces données, la crise a bien fini par débarquer au Pays basque bien sûr et nous le vivons tout de même chaque jour auprès des entreprises qui nous font confiance. Les ONG, les premières, ont tiré la sonnette d’alarme et on parle de 89.000 personnes qui sont en situation de pauvreté et d’exclusion sociale et quelques 320.000 sont en risque de marginalisation.

En cette période d’élection le défi pour le gouvernement Basque sera d’éviter que le ‘miracle’ Basque ne devienne un mirage.

1 Comment
  • Jean Remazeille
    Posted at 18:47h, 22 octobre Répondre

    Cela fait plaisir de voir que tout ne tourne pas si mal chez nous et apparement au delà des frontiéres. Je ne connais pas bien le marché Espagnol mais ce que l’on peut voir ici c’est que les entreprises se posent beaucoup de questions sur leur avenir et nous en tant qu’employés aussi du coup.

    Merci pour vos informations réguliéres dont certaines m’interessent bien.

    Jean Remazeilles

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