FORMATION : L’AFPA AU BORD DU GOUFFRE !

Lâché par Dexia, le premier organisme de formation du pays est à court de trésorerie. Son président a claqué la porte mercredi. Le ministère du Travail promet un plan de sauvetage.

Crise ouverte à l’Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). En proie à d’importantes difficultés de trésorerie, l’association, premier organisme de formation en France, est désormais suivie par le Comité interministériel chargé d’aider les entreprises en difficulté (Ciri). Une obligation qui fait suite à la décision de la banque Dexia de quitter le pool bancaire qui soutient l’Afpa, ce qui place cette dernière face à un risque de cessation de paiements dès le mois de juillet.

Depuis 2009, l’Afpa n’est plus subventionnée par l’Etat et doit répondre à des appels d’offres comme tous les opérateurs de la formation. Son activité d’orientation des demandeurs d’emploi a été transférée à Pôle emploi, celle de formation des personnes handicapées a été transférée à l’Agefiph. Les syndicats dénoncent depuis trois ans le « démantèlement » de cette association née en 1949, gérée par le patronat, les syndicats et l’Etat, et qui emploie 9.150 salariés. Le chiffre d’affaires a chuté de 1,04 milliard en 2008 à 865 millions d’euros en 2011.

« C’est un échec »

Jean-Luc Vergne, a démissionné, claquant la porte afin de « provoquer un choc » dans l’espoir de « décisions rapides » pour sauver l’institution. « C’est un échec pour l’Etat, qui n’a pas su accompagner son désengagement trop rapide. C’est un échec pour la direction générale, qui n’a pas su gérer le changement. Et c’est un échec dans la gouvernance, et donc de moi-même, dont je tire les conséquences », explique-t-il aux « Echos ». Sa démission est aussi l’issue d’un long bras de fer, perdu avec son directeur général, les deux hommes s’opposant sur l’évolution du fonctionnement de l’Afpa. Les syndicats ont demandé hier à l’Etat, qui a « plus que jamais besoin de son savoir-faire » (CGT) en matière de formation des chômeurs, de « sauver l’Afpa » (CFDT). Le gouvernement se veut rassurant. « L’Etat et les régions sont résolus à travailler ensemble » pour que l’Afpa joue « un rôle essentiel pour la qualification des demandeurs d’emploi », ont réagi, hier, le ministre du Travail, Michel Sapin, et le président de l’Association des régions de France (ARF), Jean-Paul Denanot, dans un communiqué commun. Ils s’engagent de façon urgente à « sécuriser l’accès aux financements » de l’association. Et assurent qu’un « nouveau cadre stratégique » sera défini pour l’Afpa afin « d’assurer la pérennité de son modèle économique », écrivent-ils en étrillant « les choix désastreux effectués par les gouvernements successifs depuis 2004 ».

Doit-on penser que le cas de l’AFPA est symptomatique de ce qui se passe dans la formation professionnelle en France ?

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